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Imprimer cette page 28-09-2006 00:00
Jean-François Lamour. Photo : AFP

Jean-François Lamour a répondu en direct aux internautes

Le ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative a participé, le 28 septembre, à un chat pour le lancement de la campagne de promotion de la pratique sportive.

Cette campagne du ministère s’inscrit dans le cadre du Programme national de développement du sport (PNDS), annoncé par le président de la République et présenté par le ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative au Conseil des ministres du 18 janvier 2006.

Financé à hauteur de 100 millions d’euros sur 3 ans, le PNDS a trois ambitions majeures :

  • développer la pratique sportive pour le plus grand nombre ;
  • préparer les élites sportives pour les grandes compétitions internationales ;
  • renforcer le rayonnement sportif de la France.

La vidéo du chat

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Le script du chat

Jean-François Lamour : Bonjour à tous. Bienvenue sur le site Internet du ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative.. Nous sommes ensemble pour le lancement d’une campagne pour la promotion de la pratique sportive.

Bouclettes : Pour les personnes qui ne sont pas très sportives, comment pouvez-vous les inciter concrètement à exercer une activité physique qui prend du temps et de l’énergie ?

Jean-François Lamour : Je crois qu’il est nécessaire dans notre pays d’inciter nos concitoyens à pratiquer une activité sportive. Souvent, tous les jours, on voit du sport de haut niveau, c’est différent d’une pratique sportive qui permet de s’entretenir et de créer du lien social, en particulier dans un club. On dispose d’un maillage d’équipements, en France, c’est une chance. On a aussi un encadrement de très bonne qualité, que ce soit les bénévoles ou les professionnels. Pourquoi cette campagne ? Il y a plus d’un an, le 6 juillet 2005, à Singapour, on annonce que la France ne peut pas accueillir les Jeux olympiques... Le président de la République dit qu’il faut pérenniser cet élan, et il me demande de mettre en place ce plan national de développement du sport. Donc cela suppose construire de nouveaux équipements. Aujourd’hui, il y a 14 millions de licenciés dans les clubs, l’objectif est d’atteindre 16,5 millions en 2012. Pour cela, il faut construire des équipements, former des éducateurs. Et la campagne s’inscrit dans cette dynamique.Il faut maintenant inciter les Français à pratiquer une activité sportive. Il y a, dans la presse, des incitations par des photos. La première cible est les femmes, qui font moins de sport que les hommes, et cela s’explique car elles ont une activité différente, une première maternité par exemple. Il y a aussi les personnes âgées. C’est très important de préserver son capital santé, surtout à partir de 65 ans, en ayant une activité physique adaptée aux capacités du moment.

frayd14 : Bonjour M. le ministre, pensez-vous que la communication et la médiatisation des grands événements ayant lieu en France soient bien organisées ? Beaucoup de grands championnats se déroulent dans la confidentialité.

Jean-François Lamour : Bonjour frayd14. J’ai le sentiment que, depuis 1998, les Français se sont appropriés les grands événements que nous organisons sur notre sol, par exemple les championnats du monde d’athlétisme en 2003 Les Français se mettent devant leur télévision pour accompagner nos grands champions. Nous avons encore quelques rendez-vous à ne pas manquer, comme la Coupe du monde de rugby et les championnats du monde de hand féminin en 2007. Il faut accompagner ces événements. Plus tard, en 2009, nous aurons les Championnats du monde de ski.

djcam : Monsieur le ministre, vous qui venez du sport amateur - quel talent ! - n’avez-vous pas l’impression de participer à la césure sport amateur / sport professionnel en proposant une loi visant à permettre l’entrée en bourse des clubs sportifs ?

Jean-François Lamour : Très au fait de l’actualité djcam... Cette obligation faite à la France d’entrer en Bourse, je l’ai toujours abordé prudemment. Je ne pense pas que ce soit la panacée pour que les clubs soient plus compétitifs. Mais bon, nous y sommes. J’ai trouvé un bon compromis avec la Commission européenne. Par exemple en construisant un stade près d’un centre commercial : on lisse les aléas des résultats sportifs par rapport à l’activité commerciale. Il ne faudrait pas que cela écarte le monde professionnel et le monde amateur. Pendant 4 ans, cela a été ma priorité. Ce message commence à passer, il faut de la solidarité entre monde professionnel et monde amateur. Ainsi, la Française des Jeux a mis en place un pari sur les championnats et reverse plus de 200 millions d’euros par an au sport amateur par exemple. C’est une manne qui est redistribuée.

Max Dupré : Les objectifs que vous affichez sont-ils compatibles avec l’attribution récente du site de la Croix Catelan au groupe privé Lagardère, bien parti pour abandonner un certain nombre de sections sportives, dont certaines assuraient un rôle de formation auprès de jeunes de milieux défavorisés ?

Jean-François Lamour : Vous êtes un bon connaisseur de ce très beau club. J’ai entendu M. Lagardère, il a affirmé qu’il reprendrait toutes les sections sportives du Racing. Ce qui a manqué dans cette réflexion, c’est celle de la mairie de Paris. Il aurait fallu inscrire dans l’appel à candidatures l’obligation de s’occuper des sections sportives. La ville de Paris porte une grande responsabilité, à elle de l’assumer, qu’elle fasse en sorte que ces sections continuent de vivre et de se développer. M. Lagardère trouvera certainement des solutions.

batcolin17 : M. le Ministre, en ce qui concerne "la préparation des élites sportives pour les grandes compétitions internationales", avec quel regard observez-vous le développement du "Team Lagardère" ? Est-ce une voie à développer ou pensez-vous qu’elle comporte des dangers ? Merci.

Jean-François Lamour : On passe du sport pour tous au sport de très très haut niveau ! Toutes les bonnes volontés, tous les moyens financiers sont nécessaires au développement du sport de très haut niveau. Certains sports ont déjà créé leur réseau professionnel. Il faut simplement se répartir les tâches, savoir qui fait quoi. Pour Lucas et Manaudou, c’est une collectivité qui a pris en charge. A partir du moment où chacun est lisible dans son domaine de compétences, il y a tout à gagner à avoir des partenaires comme le Team Lagardère, mais il faut clarifier les choses. Je sais que les tennismen continuent de s’entraîner à Roland Garros, donc il faudra clarifier les choses.

NICOLAS69 : La lutte contre les pratiques dopantes a tendance à se généraliser en Europe. Et c’est enfin une bonne chose. Le principe du suivi longitudinal semble être une bonne solution (cf. cyclisme et athlétisme). Pourquoi ne pas le généraliser à tous les sports (notamment le football) et dans tous les pays européens ?

Jean-François Lamour : Il pose la bonne question... Ce n’est pas le tout d’être très bon dans son pays. Le dopage n’a pas de frontières. On a vu un laboratoire madrilène qui "préparait" les coureurs du Tour de France. Si on n’a pas les noms avant le Tour, c’est une vraie catastrophe. On a beau avoir en France une très bonne loi, dépenser beaucoup d’argent pour l’anti-dopage, si nous n’appliquons pas les mêmes règles en Europe, nous ne sommes pas efficaces. C’est la grande aventure de cette année d’avoir créé l’agence anti-dopage. Il nous faut maintenant appliquer le code mondial antidopage C’est l’enjeu majeur de ces prochaines années, qui inclut le suivi longitudinal,. La pire des choses qui puisse arriver, c’est pour un même produit, vous aviez un sportif qui prenait six mois et l’autre deux ans. C’est incompréhensible pour le public et frustrant pour les sportifs eux-mêmes. Pour ce code, il faut exprimer vraiment beaucoup de rigueur, de détermination. Cela ne concerne pas exclusivement le haut niveau. Si des sportifs de haut niveau trichent, cela rejaillit sur le sport amateur. Il ne faut pas penser qu’il y a les sportifs de haut niveau qui ont le droit de tricher, et les autres qui sont à l’abri. Il faut être vigilant sur le sport professionnel de haut niveau, et sur le sport de base. Il faut veiller aux deux, et ne pas se focaliser sur le sport de haut niveau.

Corpore sano : Bonjour, quelle est la politique du ministère en matière de sport santé en dehors de la lutte contre le dopage ? Merci.

Jean-François Lamour : C’est tout l’objet de la campagne : inciter le citoyen à pratiquer une activité sportive sans se doper. Dans l’organisation du sport français, nous avons des fédérations très spécialisées dans l’entretien de ce capital santé. Je pense à la gym volontaire par exemple. Sur le site de la campagne, vous pouvez accéder à de l’information à ce sujet. Ce réseau existe avec des procédés et des programmes d’entraînement adaptés aux différents types de population. La campagne, c’est inciter et donner les deux ou trois repères et indications qui permettent aux pratiquants de frapper à la bonne porte des fédérations.

Jean Bernard : Que pensez-vous faire pour intégrer les femmes et les hommes plus âgés (sexagénaires et +) dans un projet sportif ? Apporter à ces femmes et hommes la possibilité d’exercer un sport dans des salles publiques sans que cela soit comme aujourd’hui exclusivement réservé à la jeunesse ?

Jean-François Lamour : Là aussi, le but de la campagne, c’est de donner les bonnes informations. Il faut que les internautes sachent qu’ils ont près de chez eux un club, une association sportive rattachée à une fédération, qui permet de pratiquer une activité physique adaptée à leur niveau. Le but de la campagne est de donner les outils nécessaires pour se rendre dans un club, car je préfère qu’ils aillent dans un club, car cela crée du lien social,. Le club, c’est un projet de vie où se crée ce lien social. En France, il y a 170 000 associations. Il y en a souvent une à côté de chez vous. Il s’agit de trouver là le bon créneau, la bonne place, le bon endroit... Le site Internet est maintenant à votre disposition pour cela.

frayd14 : Bonjour M. le ministre, avec la décentralisation du pouvoir vers les régions, ne pensez-vous pas qu’une des réponses au développement du sport en milieu rural passe par la mutualisation des ressources et des équipements ?

Jean-François Lamour : C’est la vision moderne du développement du sport, vous avez entièrement raison. Une petite commune de 200 à 300 habitants ne peut pas supporter la construction d’un équipement au niveau de ses charges. La seule solution, c’est l’intercommunalité, c’est la mutualisation des moyens. Et également quand on encadre la pratique. C’est aussi bien pour l’encadrement que pour la construction de l’équipement. En ce qui concerne les équipements sportifs, un bassin de vie doit pouvoir se répartir la tâche. Cela permet d’aider les collectivités locales financièrement, de bien choisir en tout état de cause en recensant les équipements sur un territoire donné.

Nain de jardin : Comptez-vous faire quelque chose pour l’enseignement du sport en milieu scolaire, en association avec le ministère de l’Education nationale ? Car le niveau est pathétique. Et pour les Staps, totalement engorgés par la suppression du concours ? merci.

Jean-François Lamour : Il parle de deux sujets différents. Le sport à l’école ne sera jamais remis en cause, même au travers de l’expression de ce socle de discipline en classe. Le sport a toute sa place au sein de l’Education nationale. J’essaie de développer avec Gilles de Robien les passerelles entre le sport à l’école et le sport en club. Aujourd’hui, ces passerelles existent peu, sont portées par un noyau dur de passionnés (par les profs d’éducation physique), elles méritent d’être encouragées. Le deuxième sujet évoqué, c’est l’engorgement des filières Staps. Il y a peu de débouchés en tant que prof, on le sait. Il y a 10 000 étudiants pour 400 postes, vous imaginez la frustration... Il faut trouver des solutions. J’ai décidé de mon côté d’ouvrir mille postes à ces étudiants dans trois domaines particuliers. Le premier va permettre d’aider à l’organisation des grands événements sportifs. Le second va permettre le développement du Handisport. Cela va se faire avec Philippe Bas, ministre des Personnes handicapées. Troisième : développer le sport dans les quartiers, pour mieux organiser, en recrutant 300 jeunes d’étudiants Staps. Ce n’est pas la solution miracle, c’est à la fois un geste fort pour valoriser leur formation et cela a une réalité sur le terrain. Cela leur permet d’avoir une première expérience professionnelle. Dans le même temps, j’ai souhaité aussi valoriser l’engagement des jeunes, l’ensemble de la Jeunesse et des Sports dans les quartiers. Cela concerne 2 500 jeunes pour 2007. Le principe : j’ai demandé aux collectivités locales de détecter des jeunes investis dans une structure. On les sent motivés, ils sont bénévoles, ils sont encadrés. Nous leur offrons un cursus complet qui va de la formation (BE, ou BP) et surtout on leur offre leur première expérience professionnelle dans le club dans lequel ils ont eu leur activité. On leur offre un parcours animation sport qui débouche sur une première expérience professionnelle. C’est du donnant/donnant. Cela change un peu les habitudes, ce n’est pas de l’argent foutu par les fenêtres. C’est important quand on sait que le marché de l’emploi reste toujours tendu, surtout pour les jeunes et surtout dans ces quartiers.

florent : Je suis en 4e, je souhaite faire carrière dans le domaine du sport en qualité d’éducateur ou autre. Quel bac me conseillez-vous et après le bac, quelles études ?

Jean-François Lamour : Si Florent m’a écouté, je viens de répondre. Le meilleur bac possible. S’il peut faire un bac S, qu’il le fasse, qu’il ne se gêne pas. Ensuite, il y a la formation Staps, avec un niveau d’études assez élevé, qui reste engorgée quand même : 10 000 étudiants par année d’étude. Et il y a les formations des ministères. Elles donnent des Brevets professionnels, des Brevets d’Etat. Là, il est sur le terrain, et même s’il a un niveau de rémunération en dessous du niveau Staps, il est sûr d’avoir un travail derrière. C’est bien qu’il se pose cette question en 4e.

batcolin17 : M. le Ministre. Je tenais à féliciter la collaboration que vous avez pu avoir avec la filière Staps dans le programme de recrutement notamment en vue de la coupe du monde de rugby. Etes-vous d’accord sur le principe que cette collaboration Staps/ministère des Sports doit se poursuivre durablement ? Merci.

Jean-François Lamour : Je vis mal cet engorgement des filières Staps. Nous évoquons souvent ce sujet avec M. de Robien. Cela ne veut pas dire remettre en cause les formations de sport, mais les filières Staps forment les publics cibles : les seniors, les personnes handicapées, tout ce qui est pratique sportive dans les zones urbaines denses. Ces formations sont particulièrement bien adaptées. Les passerelles existent avec le ministère des Sports. Nous y travaillons. Il y a un lien avec les autres ministères. Et il y a des objectifs à atteindre : recruter des étudiants en filière Staps pour accompagner l’organisation d’événements sportifs comme la Coupe du monde. Je souhaite multiplier ce genre de partenariat.

batcolin17 : Mr le Ministre, dans l’éditorial des "Fiches pratiques sportives" édité par infosport.org, Patrick Bayeux, maître de Conférence et Jacques Vergnes président de Sport et territoires, évoquent la place du sport dans le prochain débat présidentiel. Pensez-vous que le sport puisse avoir un réel rôle à jouer au sein de ce débat ? N’attache-t-on pas trop peu d’importance à la place du sport dans notre société ? Merci.

Jean-François Lamour : Avant de parler du débat pour la présidentielle, regardons la place du sport dans le Gouvernement “de Villepin”. Le budget est passé d’environ 790 millions à 1,16 milliard. Vous voyez la place que représente aujourd’hui le sport dans le Gouvernement, sous l’impulsion du président de la République. Les grandes réflexions dans le débat présidentiel, c’est la place du sport à l’école et comment créer ces passerelles. Quel type d’organisation de la journée pour faire place à cette discipline, pas seulement le sport, mais aussi la culture. Le deuxième volet, c’est quel type d’organisation du sport dans notre pays ? On voit en Allemagne et en Espagne, il y a une formule plus décentralisée. Je ne suis pas un grand fana de la décentralisation, c’est synonyme d’hétérogénéité pour moi. L’Etat doit être là pour assurer une offre globale en matière de pratique sportive. Donc décentralisation, c’est une réflexion qu’il faut engager, qui avait été engagée dans les Etats généraux du sport. La conclusion avait été : il est difficile aujourd’hui d’envisager un transfert de compétences. L’Etat a toute sa place, et il doit garder toute sa place.

Stitch : Monsieur le ministre, que prévoyez-vous de faire pour la médiatisation de sports sous-représentés sur les chaînes publiques ? Comment se fait-il qu’une finale des jeux olympiques ne soit même pas retransmise (même en différé) sur les chaînes hertziennes dans le cas du water polo par exemple ?

Jean-François Lamour : Si on parle de la diffusion dans le cadre des Jeux, il y a une directive européenne qui fait réserver à chaque pays un créneau horaire pour certains événements sportifs. On est bien protégé. Mais souvent, il y a embouteillage. Et il y a de la part des dirigeants des chaînes publiques un besoin. On a d’autres moyens maintenant : la TNT, Internet... On a une palette beaucoup plus large de moyens de produire des événements à coût raisonnable et surtout de les diffuser. Qu’il y ait sur Internet une partie réservée à des sports pas complètement médiatisés, cela est possible à des coûts de production raisonnablement supportables par le mouvement sportif. Il ne faut pas penser que l’Etat va pouvoir subventionner, je pense qu’on nous interdirait de le faire. Sur le sujet des épreuves de ski, c’est dommage, alors qu’on prépare les Championnats du monde de ski à Val d’Isère, que tous ces sports ne soient pas mieux diffusés. Mais je crois que les protagonistes sont en train de chercher des solutions.

Paris : Pourquoi la journée de promotion de l’arbitrage prévue par le ministère a-t-elle été annulée, alors que la société BUT confirme sa manifestation de début octobre ?

Jean-François Lamour : Pour moi, l’arbitre, c’est le coeur du dispositif. Je souhaite valoriser l’engagement des arbitres. Par exemple, que les équipes se mettent en haie d’honneur quand un arbitre entre sur le stade. Qu’il y ait une journée organisée en leur honneur. La Ligue de football a refusé sous prétexte de problèmes financiers, liés à un statut spécifique aux arbitres professionnels. C’est un mauvais procès. C’est dommage. La journée organisée par la société But existe toujours. J’étais au lancement de cette journée il y a quelques jours. On verra comment la loi va évoluer pour reconnaître les arbitres, les 153 000 arbitres qui quotidiennement sont sur les terrains de France, et qui ne gagnent pratiquement rien.

batcolin17 : M. le Ministre. Le Comité national olympique et sportif français vient de publier un livre intitulé « La raison du plus sport » au sein duquel se trouvent des propositions concrètes pour le sport français. Pensez-vous que cet ouvrage puisse être un outil utile pour le ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative ? Merci.

Jean-François Lamour : Utile, évidemment. Tout apport à la réflexion sur l’organisation du sport, son utilisation, son développement est important pour moi et le ministère. J’ai vu que certaines propositions sont déjà réalisées par le ministère. C’est le jeu entre le mouvement sportif et l’Etat de faire des propositions.

Bouclettes : Aux Etats-Unis, il y a une véritable culture du sport à l’école et dans les entreprises, comment parvenir à cette même culture en France ?

Jean-François Lamour : Ce sont deux cultures différentes, très clairement. Le sport aux Etats-Unis, c’est avant tout à l’école, à l’université. Des Français partent dans des universités américaines et deviennent de vrais champions. C’est tout un problème d’organisation, c’est une organisation différente. Nous, notre modèle d’organisation, ce sont les clubs. Est-on plus fort que les Américains ? En tout cas, on tient notre score. On est la 3e nation mondiale. J’aimerais bien qu’on soit premiers, mais troisième, c’est pas mal. La France tient son niveau. Il ne faut pas se reposer sur ses lauriers, il faut toujours rechercher la performance. Rechercher un modèle à l’américaine est aujourd’hui en tout cas peu ou pas opérationnel sur le territoire français. On a nos spécificités, notre culture, notre histoire. Il faut bouger, c’est vrai, mais de là à tout révolutionner, c’est un trop gros risque pour le sport français.

Zadig : Pourquoi le Programme national de développement du sport cible certaines personnes (jeunes filles, femmes...) ?

Jean-François Lamour : Il a raison de dire les jeunes filles et les femmes. J’ai parlé au départ des femmes, car souvent, elles s’occupent de la famille. Reprendre le sport après une maternité, c’est souvent un frein, un obstacle. Il faut mieux adapter les structures pour les femmes. Un ami avait un centre de tir au fusil à plomb en Haute-Corse. Le président du club a décidé d’aménager une petite garderie pour que les mamans puissent tirer aussi et les enfants étaient gardés pendant ce temps-là. En aménageant correctement le lieu de vie, ce club a attiré trois fois plus de pratiquantes. En gros, c’était le sport en famille qui était le roi dans ce club. Créer une halte-garderie près d’un équipement sportif, c’est une idée. C’est aussi aux communes de mettre cela en place. Je reviens sur les jeunes filles : à partir de 12 ans, elles disparaissent des clubs, en particulier dans les zones urbaines sensibles, et c’est culturel. J’ai développé un concours "femmes et sport" dans les quartiers sensibles, cela incite les clubs à accueillir les jeunes filles dans les clubs. Il faut faire attention aux aspects culturels. Ce sont des pistes de réflexion, et surtout d’action.

badminton_lssraba : Bonjour M. le ministre du sport, la fusion FSSF et FFH permettra-t-elle de lever certain points noirs du sport sourd et sport handicapé ? Le monde sportif des sourds sera-t-il valorisé ? Quel sera le positif de tout cela et pour la campagne du sport ?

Jean-François Lamour : Dans le monde du handicap, nous avons de beaux partenariats avec Handisport et Sport adapté, qui font beaucoup pour accueillir les jeunes quel que soit leur type de handicap. Et paradoxalement, les Sourds de France sont toujours restés à l’écart de ces deux fédérations. Aujourd’hui, la fédération française des sourds a compris qu’il fallait travailler, mutualiser les moyens, travailler pour insérer les sourds dans la pratique sportive. Pour y avoir accès, il faut aussi parler, trouver des solutions, aménager des espaces.

Risotto : Le sport est il organisé pareil dans les pays d’Europe ?

Jean-François Lamour : C’est tout à fait passionnant en matière de relations internationales. Notre type d’organisation est assez spécifique. Le ministère délégue des fédérations, qui elles-mêmes travaillent avec leurs clubs locaux, et il y a l’apport des collectivités locales et aussi du privé maintenant. Dans d’autres pays, en Allemagne et en Espagne, c’est différent, ce sont les Landers et les communautés qui gèrent le sport. Ils ont leur propre dispositif. En Angleterre, on a vraiment le modèle anglo-saxon, c’est le sport à l’école. En Italie, on a un mix des deux. Donc beaucoup de grandes différences en matière d’organisation, ce qui rend les coopérations difficiles.

Phillipe : Quel est le rôle du ministre des Sports à l’étranger ?

Jean-François Lamour : Il y a un domaine où les relations internationales sont primordiales, c’est la lutte contre le dopage. La quasi totalité de mes déplacements se focalise ou bien sur la lutte contre le dopage, ou sur la lutte contre le trafic des produits dopants avec l’aide d’Interpol. Et ensuite, c’est pour le football.

Risotto : Vous continuez à faire de l’escrime ?

Jean-François Lamour : Aujourd’hui, non, mais mes deux enfants, 13 et 8 ans, s’y sont mis. Je ne me vois pas ne pas reprendre le sabre avec eux. Je pense qu’ils vont me ramener à l’escrime. Sinon, je fais un peu de vélo, un peu de golf aussi, mais peu souvent. La campagne de promotion est faite aussi pour pratiquer une activité régulière, donc c’est bon pour moi aussi.

Camille la coquine : Donnez-moi envie de faire du sport...

Jean-François Lamour : Je ne connais pas l’âge de Camille, mais le sport, c’est la vie, c’est la joie, c’est une volonté de se dépasser. C’est aussi la rencontre. Il faut savoir gérer l’échec, c’est savoir trouver des solutions, être inventif, être volontaire.
Le sport, quand il est bien encadré, quand il est pratiqué avec un peu de volonté, il construit. Sans le sport, je ne pense pas que je me serais construit aussi bien que je le suis aujourd’hui, c’est-à-dire avec cet état d’esprit d’être toujours en train d’avancer, de prendre des initiatives. Le sport, c’est la transmission de savoir, ce n’est pas qu’une pratique physique. Un jour, deux entraîneurs m’ont transmis leur passion, leur savoir. Moi, sous une autre forme, je veux aussi transmettre : avancer, être créatif. Si j’ai pu donner envie à Camille de faire du sport, j’en suis très heureux.

Frédéric : Quel est votre pronostic pour Turin dimanche en SHS Indiv. (et puis par équipes), sachant que la compétition est très ouverte, puisque chaque grande nation (ITA, HUN, RUS, UKR, ROM, GER, FRA) compte 2 voire 3 sabreurs pouvant gagner ?

Jean-François Lamour : Je serai d’ailleurs les 5 et 6 octobre en finale. On va dire que c’est la France qui va gagner. On a en France une superbe école. On a de très grands champions, de très grands maîtres d’armes. Je suis fier de voir que la France est aussi bien placée en escrime, qu’elle a des champions qui gagnent avec panache, ce sont des grandes personnalités. Laura Flessel en est un très bon exemple, je suis très fier d’elle.

Jean-François Lamour : Merci à tous, au revoir.


En savoir plus


-  Le site du ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative
-  Création du Centre national pour le développement du sport, communication au Conseil des ministres du 1er mars 2006, sur ce site
-  Le programme national de développement du sport 2006-2008, communication au Conseil des ministres du 18 janvier 2006, sur ce site

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