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Imprimer cette page 1er-02-2007 00:00
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Interdiction de fumer : Xavier Bertrand a dialogué en direct avec les internautes

A l’occasion de l’entrée en vigueur, le 1er février, de la première phase du décret d’interdiction de fumer dans les lieux publics, le ministre de la Santé est venu à la rencontre des internautes lors d’un chat, qui a eu lieu sur le site tabac.gouv.fr.

Xavier Bertrand a répondu en direct, pendant une heure, à toutes les questions relatives à la mise en place du nouveau décret.

La première phase du décret du 15 novembre 2006 concerne les moyens de transports, les entreprises, l’administration, les établissements scolaires, ainsi que l’ensemble des installations destinées à l’accueil, la formation ou l’hébergement des mineurs.

La deuxième phase, qui entrera en vigueur au 1er janvier 2008, permet aux établissements dits de "convivialité" (cafés, restaurants, discothèques, casinos), de disposer du temps nécessaire à l’aménagement éventuel d’un fumoir, seul dispositif autorisé par le décret.

Vous pouvez retrouver tous les détails concernant ce décret sur le site tabac.gouv.fr.

La vidéo du chat

-  La vidéo en haut débit (en streaming au format Real)

Le script du chat

Animatrice : Bonjour à tous, bonjour Xavier Bertrand. L’interdiction du tabac dans les lieux publics est le grand sujet d’actualité du jour, j’imagine que c’est un jour important pour le ministre de la Santé que vous êtes ?

Xavier Bertrand : Bonjour. Oui, c’est un jour important, pas seulement pour le ministre mais pour la santé des Français. On y est, on en parlait depuis longtemps. Cette mesure était très attendue.

flavien17ans57 : Je suis actuellement dans un lycée privé avec internat, et la chef d’établissement s’obstine à autoriser la cigarette dans couloirs et cours. Que faire ?

Xavier Bertrand : C’est interdit. Il faut me donner les coordonnées de cet établissement, car c’est totalement interdit. Il n’est pas question de jouer avec le décret. Il faut s’adresser au proviseur ou au conseil d’administration ou à la médecine scolaire. Il est hors de question de tolérer ça. Le décret s’applique dans tous les lycées. Dans la cour également, on l’a voulu aussi pour ne pas donner la vision de ceux qui fument, notamment pour les plus jeunes. Voilà pourquoi on a souhaité qu’ils fument à l’extérieur de l’établissement.

Doune : Je travaille dans une administration et d’un côté il y a la cour de cette administration, de l’autre un parc public, où puis-je fumer ?

Xavier Bertrand : Si c’est dans une cour ou un parc public, on peut fumer dans l’un ou l’autre.

Majoc : Bonjour, peut-on fumer dans les taxis ?

Xavier Bertrand : Oui, dans les taxis avec l’accord du propriétaire du véhicule. Il faut en parler avec le conducteur. Il y a aussi la question du tabagisme passif d’autre part.

pierre.andre016@orange.fr : Je suis concierge d’immeuble et j’aimerais savoir s’il est interdit de fumer dans les communs (cages d’escalier et autres endroits de l’immeuble) ?

Xavier Bertrand : C’est un espace clos et couvert. Maintenant, il y a aussi la logique du règlement de copropriété, mais le décret s’applique dans les endroits clos et couverts.

Valze : Le fait d’avoir une pièce (porte fermée quand les gens fument et fenêtre ouverte pour l’aération) réservée aux fumeurs est-il toujours autorisé, ou bien vaut-il mieux lui enlever sa spécificité : les personnes fumeuses devront dès lors descendre dans la rue ou au resto d’en bas pour fumer ?

Xavier Bertrand : Non, ce n’est plus valable. Tous les espaces fumeurs qui existaient avant le décret ne sont plus valides car nous avons mis des normes très strictes. Non, ce n’est plus valable. Cela ne marche pas et il faut extraire la fumée. Avec des normes précises, avec une superficie donnée et un système d’extraction de l’air.

Geoffroy : Je suis infirmier en réa et fumeur. Je n’ai pas l’intention d’arrêter. C’est ma liberté. Durant mes 12 h de travail je ne peux quitter mon poste (effectif de sécu), je fume dans un escalier de secours où je ne gêne personne mais d’où j’entends les alarmes. Comment faire à présent ?

Xavier Bertrand : Il n’est pas possible de fumer dans l’établissement. Le sujet important, c’est le tabagisme passif car des personnes peuvent utiliser l’escalier de secours et cela peut être dangereux pour elles. Il n’est pas possible de fumer à l’intérieur de l’établissement, que ce soit à proximité des patients ou en réa. Donc la règle s’applique pour tout le monde dans l’établissement hospitalier. Il faut sortir. Ce n’est jamais facile d’arrêter de fumer. Je suis aussi passé par là. Mais c’est une grande victoire pour la santé publique. Les esprits sont bien préparés à cela.

Nanou : Comment faire à l’hôpital, pour les patients tabaco-dépendants qui ne peuvent sortir du bâtiment (pour les raisons de mobilité ou d’isolement en rapport avec leur état de santé) ? Jusqu’à présent il y avait une certaine tolérance dans les escaliers...

Xavier Bertrand : Il y a la tolérance par exemple dans la grande dépendance. Quand on a une chambre avec quelqu’un d’autre, il faut son accord. Pour certains sujets, on peut faire preuve de tolérance. Pour des patients qui ne peuvent pas bouger, il faut avoir un peu de pragmatisme.

Jphiv : Pourriez-vous nous éclairer sur le point suivant : la cigarette est-elle interdite dans les bars à l’intérieur de lieux publics couverts tels que des centres commerciaux ?

Xavier Bertrand : Dans une galerie marchande, il y a un règlement pour l’intégralité. Pour les bars tabac, ce sera au 1er janvier 2008, et vous aurez encore la possibilité de fumer là. En tout état de cause, on ne peut pas fumer non plus à l’extérieur de cet établissement et à l’intérieur de la galerie marchande. J’ai vu ce week-end que les galeries marchandes appliquaient les choses, je l’ai vu à Saint-Quentin, chez moi. Comme beaucoup d’établissements qui, dès la rentrée de Noël, ont mis en place l’interdiction.

Nini28 : Un employeur peut-il interdire à ses employés de fumer à l’extérieur de ses locaux ?

Xavier Bertrand : Il peut interdire de fumer à l’extérieur des locaux car cela nuirait à l’image de l’entreprise. Si c’est à l’intérieur de l’entreprise et à l’extérieur des locaux, il peut l’interdire. Dans le cas d’une usine avec un parc autour, par exemple, il peut interdire de fumer à l’intérieur de la zone de l’usine. Dans des cas comme cela, il faut mettre en place des espaces fumeurs ou dans les parcs, ou sinon les supprimer complètement. C’est la logique de l’entreprise.

Patsy : Sur la voie publique, dans sa voiture a-t-on le droit de fumer ?

Xavier Bertrand : Ils peuvent être plus exigeants que le décret. Oui. Il n’est pas question d’aller comme dans certains Etats américains où on interdit de fumer dans la rue. Juste un mot : l’interdiction de fumer dans les lieux publics protège les non-fumeurs, notamment du tabagisme passif. 5 000 personnes meurent de la fumée des autres chaque année. On ne peut continuer comme ça. C’est pourquoi nous avons pris cette mesure. Il faut aussi aider à l’arrêt. On va se donner les moyens d’aider les fumeurs à arrêter de fumer. On est quasiment le seul pays à le faire.

Concrétiste : Est-ce que les élèves internes peuvent fumer dans leur chambre ?

Xavier Bertrand : Non, c’est interdit. Qui plus est, quand on fume dans sa chambre, quand on s’endort, il y a risque d’incendie.

Nat : A-t-on le droit de fumer chez nous ?

Xavier Bertrand : Oui, bien sûr, mais si on souhaite arrêter de fumer chez soi, c’est bien aussi.

Lola : Que pourra faire un particulier qui se heurtera à un fumeur ne respectant pas l’interdiction de fumer dans un lieu public ?

Xavier Bertrand : La première des choses, c’est que ce problème va se poser de moins en moins et il fallait le décret pour faire évoluer les choses. Pendant longtemps, il y avait à la fois le bon sens, le respect des autres. En plus, le décret est précis. Si c’est dans une entreprise, c’est le chef d’entreprise qui doit s’assurer du respect du décret. Et puis, il y a la possibilité de saisir les différents corps de contrôle composés de 175 000 personnes. Mais je crois que la société a beaucoup évolué et cette mesure se met en place sans grande difficulté. Si cela ne se passe pas bien, il y aura des sanctions. Il y a des endroits où on voit beaucoup de Français dans la rue, mais cette fois-ci cela se fait tranquillement, et en plus c’est bon pour leur santé.

Ennei : Bonsoir, concrètement, comment se feront les contrôles dans les lieux publics ? Comment exiger que la loi soit appliquée sur notre lieu de travail ?

Xavier Bertrand : Comme je l’ai indiqué, vous avez par exemple l’inspection du travail, les contrôleurs du travail, la police, la gendarmerie et les médecins de santé publique qui peuvent faire ces contrôles. Ils ont également à vérifier l’application de l’interdiction de fumer dans les lieux publics. Aujourd’hui, dans les cas de réglementation du travail, de respect du droit de travail, il y a aussi des possibilités de faire intervenir les inspecteurs du travail.

Edouard : La répression l’emporte, en termes d’image, sur la prévention. Quel sera le coût des contrôles rapporté au coût des maladies occasionnées par la consommation du tabac ? Je pense que l’écart sera minime. Merci par avance pour votre réaction.

Xavier Bertrand : Non, il faut arrêter de dire ça. Quand on voit la façon dont ça s’est passé en Italie, il n’y a pas eu beaucoup de contrôles et encore moins besoin de sanctions. Et les corps de contrôle existaient déjà. Il n’y a pas police pour les fumeurs ! Il n’y a pas eu de recrutements par rapport à cela. Et on sait pertinemment qu’on aura besoin de faire peu de contrôles.

Nico tine : Où est la nouveauté ? La loi Evin sert à quoi, il est déjà interdit de fumer dans les lieux publics ! En 2008 d’accord, mais pour le moment rien de vraiment neuf.

Xavier Bertrand : Rien de vraiment neuf, dites-vous, mais il y a eu quand même pas mal de choses de faites aujourd’hui ! La loi Evin était mal respectée car difficile à appliquer. Elle était très générale et disait qu’il était interdit de fumer hors des espaces prévus, qui étaient mal délimités. Tout le monde s’en est aperçu et cela ne rimait à rien avec deux tables voisines, l’une fumeur et l’autre non-fumeur. Les choses étaient trop floues pour qu’elles soient respectées. La nouvelle réglementation, je l’assume, elle sera très rigoureuse. Et là, nous avons enfin les moyens de faire respecter les choses car il ne sera pas possible de les interpréter.

Franck : Quelles sont les peines encourues si l’on fume dans un lieu public ?

Xavier Bertrand : 68 euros pour le fumeur, 135 euros pour le responsable.

Tcatherinetho@aol.fr : Le numéro de téléphone mis en place par le ministère de la Santé pour en savoir plus sur l’interdiction de fumer dans les lieux publics (0 825 309 310) est un numéro surtaxé. Comment l’expliquez-vous dans un contexte de législation de ces pratiques ? Merci.

Xavier Bertrand : C’est comme tous les numéros de ce type... Pourquoi est-il légèrement surtaxé ? C’est pour éviter les appels farfelus.

Didius : Certains Français pensent que le 1er février, il est aussi interdit de fumer dans les cafés-restaurants. Ne pensez-vous pas qu’il va falloir informer, expliquer par une campagne média, les changements ? Avez-vous pensé sanctionner, dans les gares par exemple, pour faire passer votre message ? Merci.

Xavier Bertrand : De toute façon, cela s’applique partout et pour tous. Dans les gares, c’est dès aujourd’hui. Dans les restaurants, bars, tabacs, discothèques, etc., ce sera au 1er janvier 2008. Aujourd’hui, les choses sont claires. S’il y a bien un sujet dont on a entendu parler, c’est bien cette interdiction de fumer dans les lieux publics. Ou alors il faudrait arriver de la planète Mars. Et les gens ont compris aussi que ce serait au 1er janvier 2008 que cela s’appliquerait partout. Nous avons prévu des campagnes de communication pour le 1er janvier 2008. Il y a des spots télé, radio, des annonces dans la presse quotidienne et régionale. Et nous préparons la deuxième vague pour les lieux de convivialité.

Clocloten : Pourquoi les restaurants et les discothèques ne sont-ils pas concernés ?

Uld : Pourquoi attendre un an pour les bars et les restaurants ? Ne peuvent-ils pas stopper la fumée tout de suite ?

Xavier Bertrand : J’aurais bien aimé qu’on aille plus vite, mais juridiquement on ne peut pas. Ce qui montre bien que, même avec une volonté politique, nous ne pouvions pas aller plus vite. Pour ces établissements, nous savons qu’il peut y avoir des modifications économiques, cela peut les toucher économiquement parlant, et que vous ne pouvez pas appliquer les choses immédiatement. Il fallait un délai, il est de 11 mois à partir de maintenant. Il y a des pays pour lesquels cela a été 18 ou 24 mois. Nous sommes allés le plus vite que l’on pouvait, mais l’on ne pouvait pas juridiquement appliquer tout cela au 1er février 2007. J’aurais bien aimé, notamment pour les restaurants, mais nous ne pouvions pas. Ce qui n’empêche pas certains restaurants de le faire immédiatement. J’ai téléphoné dans une brasserie à Albi qui a appliqué l’interdiction depuis le 1er janvier. La clientèle n’a pas baissé, et même ils ont dû installer des sièges bébés, pour accueillir des enfants, car cela attire une nouvelle clientèle familiale.

Maïfa : En 2008, sera-t-il encore possible d’avoir une salle isolée pour les fumeurs dans les restaurants ou discothèques ?

Xavier Bertrand : Oui, ce sera possible mais ce sera une salle de 35 m2 maxi qui devra répondre aux normes sur l’extraction de la fumée. Ce sera un espace fumoir où les serveurs ne pourront pas entrer de façon à protéger leur santé. Cela évitera aussi que les jeunes qui rentrent de discothèque sentent le tabac froid.

Renzo : Je fais partie d’une entreprise de trois salariés tous fumeurs, avec l’accord de chacun peut-on continuer à fumer ?

Xavier Bertrand : Non. Non parce que le tabagisme passif concerne évidemment ceux qui ne fument pas, mais concerne aussi ceux qui fument. Vous êtes intoxiqué par la fumée des autres. Vous n’avez pas la garantie que quelqu’un ne pourra pas engager la responsabilité du chef d’entreprise un jour. Et la personne qui fait le ménage n’a pas à subir la fumée, ainsi que le facteur, etc. Dans les entreprises, il n’y a pas de situation en vase clos total. Il ne s’agit pas d’être extrémiste, mais la protection de la santé s’applique pour tout le monde.

So : Peut-on fumer sur les quais de gare qui sont à l’extérieur ?

Xavier Bertrand : Oui. Et là c’est vrai que j’ai voulu qu’on fasse preuve de pragmatisme. La réglementation de 1947 était mal respectée. Comme dans les trains c’est terminé, comme dans la gare c’est également terminé, je préfère qu’on donne de la souplesse sur la partie du quai qui n’est pas couverte, de façon à ce qu’on puisse fumer avant de monter dans le train. Maintenant, je ne vous cache pas que je préfère que le voyageur embrasse sa compagne plutôt qu’il fume une cigarette.

Bénédicte : Je suis étudiante et prépare un exposé sur ce décret. Porte-t-il un nom ?

Xavier Bertrand : J’ai lu parfois et j’ai entendu que c’était le décret Bertrand, mais sinon c’est le décret du 15 novembre. Elle a le choix. Je crois qu’il va vite passer dans les mœurs, qu’on aura du mal à garder en mémoire, très rapidement, que pendant longtemps on a fumé dans les entreprises, dans les restaurants et les cafés. On a du mal à se souvenir qu’à une époque on fumait dans les cinémas et dans les avions. Je suis persuadé qu’on aura du mal à imaginer qu’on ait pu fumer au bureau ou au restaurant. On l’oubliera très vite. Et cela montre que nous sommes dans une société qui accepte le mouvement, qui est prête à avancer. Et c’est le rôle des politiques. Si ça se passe bien, c’est que c’était attendu. J’ai entendu : "On aurait dû le faire plus tôt". Je suis heureux qu’on y soit parvenu aujourd’hui.

Emilie : Dans les entreprises où l’interdiction de fumer est déjà respectée, est-ce que l’affichage est obligatoire ? Merci.

Xavier Bertrand : Oui.

Acmo : Combien de temps avons-nous pour faire l’affichage ? Merci.

Xavier Bertrand : Je crois qu’il est déjà un peu tard, puisque c’était ce matin. Il faut mettre le petit panneau que j’ai vu ici d’ailleurs en arrivant. Et on peut le télécharger sur le site tabac.gouv.fr.

Chloé : Attendez-vous une baisse conséquente des maladies et décès liés au tabagisme ?

Xavier Bertrand : Je suis persuadé que nous allons avoir des résultats importants et rapides. On a dit cela pendant des années, la réponse est qu’on en est sûr. On connaît les méfaits du tabac. Les morts du tabagisme, c’est une réalité. Il n’y a pas que les cancers, il y a aussi des maladies cardiovasculaires dont les chiffres ont augmenté à cause du tabac. En Lombardie, par exemple, très vite, au bout de quelques mois, on avait une baisse de 11 % des maladies cardiovasculaires, car c’est ce qu’on mesure le plus rapidement. Pour les cancers, c’est plus long à mesurer. Très rapidement, on aura des résultats importants.

balzac85 : Je suis chef d’entreprise : y a-t-il une aide prévue pour les salariés qui voudraient cesser de fumer ?

Xavier Bertrand : Oui, la même que pour l’ensemble des Français qui veulent arrêter de fumer : l’Etat, la Sécurité sociale met 50 euros, ce qui correspond au premier mois de traitement pour des patchs ou des gommes. Et puis si on a besoin d’avoir un suivi plus personnalisé, il y a des consultations de tabacologie : on va les doubler et passer à mille consultations de façon à avoir l’accompagnement nécessaire. Donc les substituts nicotiniques... En plus, cela fonctionne avec les trois tiers : 50 euros pour la Sécurité sociale, 50 euros pour la mutuelle et 50 euros pour le patient qui souhaite arrêter. C’est un peu l’exception française en matière de lutte contre le tabagisme : on a l’interdiction et l’aide à l’arrêt.

Rolande : Pourquoi les patchs ne sont-ils pas remboursés par la Sécurité sociale ? Alors que les cures de détoxications sont prises en charge, cela aussi coûte cher à la Sécurité sociale ?

Xavier Bertrand : Depuis ce matin, les patchs sont aussi remboursés à hauteur de 50 euros. 50 euros au total. Aucun pays ne le fait. Nous avons décidé de le prendre en charge pour tout le monde. Nous avons 700 000 personnes qui arrivent à arrêter de fumer chaque année. Environ 1,2 million de personnes essaient, 700 000 y parviennent. Je souhaiterais qu’ils soient 1 million.

Joellemesnil : Bonjour, ma question est la suivante : est-ce qu’un salarié peut exiger une aide anti tabac de son patron pour ne plus fumer dans son bureau ou à la fenêtre (patch, etc.). Et donc, le patron peut-il exiger le respect de cette loi, s’il ne fait rien pour un salarié fumeur depuis longtemps ? Merci.

Xavier Bertrand : Exiger de son patron qu’il mette une aide à disposition, non. Exiger qu’il respecte le décret, oui.

Serveuse : Je travaille dans un très petit restaurant sans fenêtre, je ne support plus les clients qui fument dedans, je suis déçue car il faut que je subisse un an de plus. Comment les convaincre de ne pas fumer à l’intérieur ? Comment convaincre mon patron pour qu’il pratique cette loi à partir d’aujourd’hui ?

Xavier Bertrand : Dès aujourd’hui, il n’a pas cette possibilité-là, ce sera au 1er janvier 2008, car j’ai voulu que l’interdiction de fumer soit réelle. Chez moi, à Saint-Quentin, dans un restaurant, un responsable me dit : "Est-ce que vous allez réussir ?". Je lui demande : "Pourquoi me posez-vous cette question ?". Et il me répond : "Je ne fume pas et tous les matins je tousse". Car, quand on rentre dans un espace fumeurs, on rentre dans un véritable fumoir... Même chose, dans un restaurant à Paris, le responsable d’établissement me demande si je vais réussir. Je lui demande d’expliquer. Il a fait une radio des poumons il y a quelques mois, alors qu’il avait arrêté de fumer il y a trente ans... et son médecin s’est aperçu qu’il travaillait dans un lieu où il était exposé.

Jmarguarit : La prise en charge de 50 euros sur prescription médicale s’étend-elle à toutes les méthodes dès lors qu’elles sont pratiquées ou prescrites par un médecin ?

Xavier Bertrand : Oui, toute les méthodes.

Léonard : Pourquoi ne pas envisager de rembourser l’intégralité du traitement, au-delà des 50 euros ?

Xavier Bertrand : On ne remboursait rien du tout avant le 1er février. Aujourd’hui, on met 400 millions d’euros par an, donc on verra si ça marche. Certains m’ont dit que ce n’est pas normal que la Sécurité sociale rembourse les patchs puisque le fumeur pouvait payer son paquet. Moi, je veux sauver des vies, c’est un investissement. Pour la Sécurité sociale, c’est beaucoup, mais on oublie qu’il faut une participation du fumeur pour que vraiment il y ait une démarche volontaire. On est donc dans la bonne logique.

Sofrane : Des parents sans scrupules n’hésitent pas à enfumer les aires de jeux des enfants dans les squares, l’espace est ouvert mais cela sent très mauvais et les enfants sont enfumés !

Xavier Bertrand : C’est vrai qu’à partir du moment où on est à l’air libre, c’est compliqué d’appliquer une réglementation. Ce qui m’intéresse avec l’interdiction dans les lieux publics, c’est qu’on prenne conscience que le tabac tue ceux qui ne fument pas. Vous avez tous vu l’exemple des parents qui fument dans les voitures avec les enfants à l’arrière, fenêtres quasi-fermées. C’est très grave pour les enfants... Mais les esprits évoluent. La campagne de communication que j’ai faite il y a quelques mois montrait justement des parents qui fumaient dans la voiture dans les années 1970 car à l’époque on ne savait pas. Aujourd’hui, on sait. On compte sur l’évolution des mentalités.

Centre de formation MFR, à Lam : Peut-on disposer d’une salle fumeur dans un établissement scolaire ?

Xavier Bertrand : Si c’est un établissement public, non. L’Etat a voulu être exemplaire, il n’y aura pas de pièce fumoir dans un établissement scolaire, même un espace fumeur qui répondrait aux normes. Les profs doivent sortir de l’établissement pour fumer, même pas dans la cour.

jeanot4 : Les établissements scolaires aussi doivent afficher l’interdiction de fumer ?

Xavier Bertrand : Bien sûr. C’est justement ce document-là qu’on peut télécharger sur le site tabac.gouv.fr. Ces petits panneaux fleurissent depuis ce matin.

Fumeur et fier : C’est une atteinte à notre liberté cette interdiction. Vu que l’Etat est le dealer de tous les fumeurs !

Xavier Bertrand : Déjà, faisons attention aux propos. Si demain tout le monde arrêtait de fumer et si l’Etat perd toute les recettes du tabac, je ne vais pas m’en plaindre en tant que ministre de la Santé. Il y a plus de 18 milliards chaque année qui sont liés aux dépenses de santé pour les maladies dues au tabac. On a réussi aussi avec la sécurité routière à inverser la tendance. On peut le faire avec le tabac. Et la Sécurité sociale ne s’en portera que mieux. En plus, si on n’était pas intervenu, la situation serait devenue intenable car il y aurait eu des pressions des non-fumeurs. Il y aurait eu des actions en justice. Il fallait que le décret sorte. Ce n’est pas une question d’atteinte aux libertés, c’est un changement des comportements. La liberté de fumer est importante, celle de respirer l’est tout autant. Nous n’avons pas voulu être extrémistes, il y a encore la possibilité des pièces fumoirs. C’est quand même passé dans beaucoup de pays européens, et on s’aperçoit qu’on n’est pas dans des pays liberticides. Pour les fumeurs, ce n’est pas facile, ils doivent fumer à l’extérieur. Il y a aussi un problème d’équilibre, de respect des autres et de respect de la santé. Je ne jetterais pas la pierre aux fumeurs car on sort difficilement du tabagisme. Je ne les montrerais pas du doigt. Aujourd’hui, dans les enquêtes d’opinion, plus de la moitié des fumeurs comprennent le sens de l’interdiction. Pour l’autre moitié, ce n’est pas facile.

Liam : Bonjour, pensez-vous que diaboliser le fumeur soit réellement LA solution ? L’interdiction de fumer dans les lycées n’a rien changé au niveau des élèves, maintenant ils sortent de l’établissement et fument dans la rue, situation encore plus dangereuse à cause de la circulation automobile.

Xavier Bertrand : Fumer dehors, ce n’est pas fumer sur la rue. C’est sur le trottoir. Il y a davantage de monde dehors. On a véritablement voulu que ce soit à l’extérieur de l’établissement pour l’image qu’on donne aux plus jeunes. Mais le fumeur n’est pas diabolisé. On n’a pas fait des campagnes de communication en disant cela. On cherche vraiment à faire bouger les comportements. Quant au voisinage, si on en est à la question du nettoyage des rues, on a réussi notre pari. Si notre seul souci devient de savoir comment nettoyer les mégots sur les trottoirs, c’est qu’on a gagné le pari. De toute façon, c’est un choix assumé. Il faut aussi penser à l’image envers les plus jeunes.

itaque22 : N’est-elle pas abusive, l’interdiction de fumer, alors que je suis, nous sommes tous, confrontés chaque jour au danger des « imprégnés » plus ou moins permanents d’alcool ? Quel est le véritable bilan des morts et blessés lié à l’alcool (route, violence, maladies afférentes) ?

Xavier Bertrand : Environ 60 000 personnes également. Et là, sur ce sujet, on est toujours mobilisé. J’ai voulu qu’on mette une étiquette sur les bouteilles de vin par rapport à la dangerosité pour les femmes enceintes. On a de plus en plus d’alcoolisation massive des jeunes. On a l’impression de moins boire, mais il y a des soirs où c’est terrible, ce qui se passe. Et puis l’alcool sur le lieu de travail, il ne faut plus que ce soit tabou. Il faut lutter contre toutes les formes de dépendance. Il faut savoir comment on souhaite être pris en charge. Avec une différence, c’est que, s’il n’y a pas de violence engendrée par l’alcool, si vous ne prenez pas le volant, vous ne présentez pas le même risque pour autrui qu’en fumant dans un lieu clos.

Mignon : Pourquoi un décret et pas une loi avec discussion avant ?

Xavier Bertrand : Pour aller plus vite. Là aussi, je l’assume. Si on avait mis en oeuvre une loi, il aurait fallu des semaines et des semaines de discussions au Parlement. On a associé des parlementaires de tous les bords. Et le décret permet de mettre en place les choses plus rapidement.

Spiiderman : Est-ce que l’on peut encore fumer dans les transports en commun (train, bus...) ?

Xavier Bertrand : Non.

Maïfa : Sera-t-il possible de fumer sur les terrasses des restaurants ?

Xavier Bertrand : Oui. De la souplesse a été laissée. Et les restaurateurs vont avoir à gérer cela. Il y aura la possibilité de réserver les tables fumeurs sur les terrasses.

Joseph : Peut-on fumer dans une voiture de service ?

Xavier Bertrand : Oui, mais il faut savoir que l’entreprise a la possibilité, quand une voiture n’est pas affectée à quelqu’un, de ne pas lui permettre de fumer. Nous ne sommes pas allés à ce niveau de détail.

cathy715 : Ne trouvez-vous pas hypocrite cette interdiction ? Pourquoi ne pas interdire la vente du tabac directement ? Sans doute parce que cela rapporte énormément à l’Etat !

Joël : Pourquoi ne pas interdire la vente du tabac tout simplement ? Merci.

Xavier Bertrand : Il ne faut pas oublier non plus d’interdire de vendre les voitures qui vont à plus de 130 km /h, ou l’alcool. Il faut laisser du libre arbitre à chacun et penser à la santé des autres. En tant que politique et ministre de la Santé, on ne peut pas fermer les yeux. Cela nous amène beaucoup moins de taxes que cela ne coûte pour la santé. Le tabac, c’est beaucoup plus de dépenses que de recettes.

Roby : Comment l’Etat va-t-il faire pour remplacer les énormes recettes que lui procurait la vente du tabac ?

Xavier Bertrand : Il y a environ 13 milliards d’euros de recettes et plus de 18 milliards d’euros de dépenses. Vivre plus longtemps, sauver des vies, et vivre mieux, il n’y a pas photo.

Titi : Pourquoi n’arrête-t-on pas la fabrication de cigarettes ? Vous interdisez ce que vous vendez...

Xavier Bertrand : Oui, mais là aussi, il n’y a pas une production nationale, il y a aussi beaucoup de cigarettiers internationaux. C’est un autre débat. En tout cas, en France, on n’a aucune hypocrisie et interdire la production et la vente de tous les produits dangereux, ce serait interdirenombrede productions et nombredeventes...

Pierre : Avez-vous pensé à la baisse du chiffre d’affaire des buralistes, bars, restaurants... ? Unpoint important aussi, baisse du marché veut dire moins de production. Moins de production = licenciement des salariés chez les industriels... Bravo.

Xavier Bertrand : Je ne crois absolument pas à une baisse de recettes des buralistes. Pour les buralistes, ce n’est pas l’interdiction qui va changer les choses. Actuellement, il y a moins de fumeurs, avant même l’interdiction de fumer dans les lieux publics. D’ailleurs, ils cherchent à assurer la diversification de leur métier car ils ont compris qu’ils vendraient de moins en moins de tabac. Ils peuvent vendre des journaux, de l’épicerie, des DVD, donc ils ont compris que le métier évoluait de façon considérable. Maintenant, dans tous les pays qui ont appliqué l’interdiction dans les lieux publics, on s’est aperçu qu’il n’y avait pas de baisse des chiffres d’affaires. Quand les gens se retrouveront pour boire leur café, ils sortiront pour fumer leur cigarette, c’est tout. Et puis cela amènera une nouvelle clientèle. J’en suis certain.

Mignon : Oui, mais on aurait pu trouver des compromis pour les bars-tabac.

Xavier Bertrand : Mais quel compromis ? Si vous avez un salarié dans un bar-tabac, vous le laissez être enfumé ? Il ne faut pas oublier les salariés. On les entend de plus en plus sur ce sujet-là. Sans le décret, il n’y aurait pas eu la possibilité de protéger ces salariés. La règle est la même pour tous partout, pas deux poids, deux mesures.

Lili : Qu’en sera-t-il des détenus ?

Xavier Bertrand : Là aussi, un peu de souplesse. On laisse les choses s’organiser dans les établissements pénitentiaires. C’est aux directions de voir comment elles font les choses. Mais dans la cour, il y aura la possibilité de fumer.

Gui : Quels seront les moyens de contrôle ?

Pablo : Qui doit-on appeler pour faire appliquer cette loi si une personne fume dans un endroit public ?

Xavier Bertrand : Ceux que j’évoquais tout à l’heure : les 175 000 agents, pas recrutés pour l’occasion, mais effectuant des contrôles. Il y a l’inspection du travail, les DDAS, les coordonnées sont partout, mais on peut aussi alerter le responsable de l’entreprise, les délégués du CHSCT ou les délégués du personnel.

Mittch : Encore une loi liberticide. Une de plus ! ! ! Quand ferez-vous (le Gouvernement) une loi qui apporte du bonheur à la population et pas des "coups de trique" comme à chaque fois que vous bougez le petit doigt ?

Xavier Bertrand : Là, je trouve déjà que c’est un décret qui apporte du bon air à la population. Il me semble quand même que sur ce sujet c’est positif. Vous connaissez la phrase sur la liberté des uns qui s’arrête là où commence la liberté des autres. C’est une question de santé et de respect des uns et des autres. Je peux vous assurer que, si nous n’avions rien fait, les choses seraient devenues invivables.

Philippe : Je suis routier, pourrai-je encore fumer dans mon camion ?

Geomico : Je voudrais savoir si les routiers ont le droit de fumer dans leur camion ?

Xavier Bertrand : Dans les véhicules, oui.

Uld : Je suis locataire, le propriétaire de mon appartement peut-il m’expulser si je fume ?

Xavier Bertrand : Non. C’est le respect de la vie privé et du domicile privé.

Patrick : Sur un parking privé peut-on fumer ?

Xavier Bertrand : Oui. Si c’est un parking non clos et ouvert, oui.

Franck : Locaux fumeurs : oui ou non dans les établissements de santé ?

Xavier Bertrand : Dans les établissements de santé, tout ce qui relève en plus du domaine de la santé doit être exemplaire, donc franchement, dans un établissement de santé, on n’y va pas pour fumer. On sort donc des locaux.

Mbonami : Y a-t-il une tolérance dans les jardins de l’hôpital ?

Xavier Bertrand : Oui, il peut y avoir une tolérance dans les jardins.

Manubea : Un bowling fait-il partie des établissements qui ont une dérogation jusqu’au 1er janvier 2008 ? Sachant qu’ils ont des bars avec licence IV à l’intérieur.

Xavier Bertrand : Oui, à partir du moment où il y aura un fumoir. Bien évidemment.

padou49 : Une association sportive régie par la loi 1901 doit-elle empêcher ses sociétaires de fumer ?

Xavier Bertrand : Oui. De toute façon, le décret s’applique dans tous les locaux accueillant du public.

Mimo : La salle du Conseil des ministres appliquera-t-elle cette règle ? Et l’Elysée, si un chef d’Etat étranger fume ?

Xavier Bertrand : C’est déjà fait depuis longtemps. Ce sont des principes qui s’appliquent dans tous les lieux publics. Cela s’applique partout. Même au ministère de la Santé. J’ai des collaborateurs qui depuis ce matin ne fument plus dans leur bureau. Ils fument dehors.

Mimo : Vous êtes fumeur, monsieur le ministre ?

Xavier Bertrand : Je l’ai été. Cela doit faire quinze ans que j’ai arrêté. Voilà pourquoi je sais que c’est difficile de s’arrêter. Je n’ai jamais recommencé, ni cédé à la tentation du cigare ou autres.

Mimo : Est-ce que cette loi va, par voie de conséquence, faire augmenter le prix d’un paquet de tabac ?

Xavier Bertrand : Non. On n’a pas voulu être sur cette logique-là. Cela a été fait en 2003, cela a produit des effets, au début, car après cela s’estompe. En plus, il y a des pays frontaliers qui ne pratiquent pas du tout les mêmes prix. Notamment, le Luxembourg ou l’Espagne pratiquent des prix qui n’ont rien à voir et cela augmente la contrebande. C’est pour cela que l’interdiction de fumer dans les lieux publics modifie les comportements.

Hubert : Qui sera habilité à verbaliser les personnes prises à fumer dans les centres hospitaliers ?

Xavier Bertrand : C’est le responsable de l’établissement qui aura sa responsabilité engagée.

Atriumjiba : Pourquoi n’avez-vous pas fait respecter la loi Evin avant d’imposer une interdiction totale ?

Xavier Bertrand : Parce qu’elle était inapplicable. Elle ne précisait pas ce qu’était un espace fumeur par rapport à un espace non-fumeur. Elle était très générale avec des espaces fumeur qui devaient être délimités. La logique, aujourd’hui, c’est non-fumeur. La loi Evin était intéressante à l’époque car on ne connaissait pas la réalité du tabagisme passif. Aujourd’hui, on connaît les méfaits, donc on ne peut pas fermer les yeux. Cette prise de conscience s’est faite progressivement. On a vu que certains pays européens étaient très en pointe. Et la France, en avance à l’époque avec la loi Evin, se devait de revenir en tête du peloton pour l’interdiction. L’Union européenne vient de faire savoir que l’ensemble des Etats membres devait être dans cette logique. L’augmentation des prix du tabac, on s’aperçoit que ce n’est pas la meilleure réponse pour avoir des résultats durables. Les ministres de la Santé européens sont tous d’accord.

Estuaire : C’est vrai la loi Evin était inapplicable et le maire de Saint-Nazaire fumait devant Mr Evin qui est son conseiller municipal...

Xavier Bertrand : ...

Gui : Etes-vous fier d’être le ministre qui aura conduit cette important réforme ?

Xavier Bertrand : Je pense que quand viendra le moment du bilan, oui. J’ai en mémoire certaines avancées. Tout ce qui aura été fait pour ramener la Sécurité sociale vers l’équilibre, notamment. Et le tabac certainement, car la politique peut vraiment faire bouger les choses. Et quand on voit quelles sont les résistances, on se bat contre elles. Je suis heureux d’avoir fait bouger les choses, mais je ne l’ai pas fait tout seul, le président de la République y a contribué également. Cela a été des mois de discussion et de dialogue, et puis ensuite des décisions importantes et la mise en application. Il faut aller dans le détail, quand on est ministre. Les choses ont été bien préparées en amont et l’opinion publique est d’accord.

Franck : L’interdiction de fumée à l’Assemblée nationale est-elle appliquée ?

Xavier Bertrand : Oui, elle doit l’être. Il faut savoir que le président Jean-Louis Debré a décidé de fermer le bureau de tabac. Il faut vraiment donner le bon exemple là aussi. L’Assemblée nationale est un peu particulière et le président Debré est très attaché au respect de la réglementation. Si on peut éviter la provocation, ce serait pas mal. Et puis il faudra des espaces qui répondent bien aux normes.

Gui : De mon côté, je vous félicite car beaucoup de gens attendaient cela depuis longtemps.

Xavier Bertrand : Merci. J’ai participé à beaucoup de chats, mais celui-ci est vraiment très interactif. On s’aperçoit que les questions sont surtout posées sur les modalités de pratique. Tout le monde a intégré le pourquoi de ce décret, la santé publique. Les questions portent sur les modalités. Il y a eu beaucoup de connexions cela montre que c’est important. Le sujet est lancé. Je suis très heureux qu’on ait pu être à ce rendez-vous de l’effectivité. C’est concret, cela s’applique. J’ai une pensée particulière pour les fumeurs car je sais ce que cela représente. Aujourd’hui, je voyais beaucoup de fumeurs à l’extérieur avec un sourire. Cela montre que le pari est gagné, il faut être vigilant, mais chacun va s’appliquer à cette nouvelle règle, et il y avait un fumeur tout à l’heure qui me disait : ce n’est pas facile, mais je fume moins dans la journée. Donc c’est quand même une bonne mesure. Si un fumeur reconnaît cela, c’est qu’il n’est pas le seul et cela montre qu’on peut. Et cela montre également que, même sur des sujets difficiles, on peut réussir.
Merci beaucoup.



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