Michel Rocard
Imprimer cette page 2-07-2004 13:08

Discours de politique générale de Michel Rocard - 29 juin 1988

Ancien chef de file du parti socialiste unifié (PSU) dans les années soixante, Michel Rocard soutient la candidature de François Mitterrand à l’élection présidentielle de 1974. Il rejoint le parti socialiste en décembre de la même année. Il sera par la suite ministre du Plan et de l’Aménagement du Territoire (1981-1983) et ministre de l’Agriculture (1983-1985).
Michel Rocard est nommé Premier ministre le 10 mai 1988, suite à la démission du gouvernement de Jacques Chirac. Il est confirmé dans ses fonctions au lendemain des élections législatives qui ne donnent qu’une majorité relative à son gouvernement.

La question calédonienne

Dans son discours de politique générale, le 29 juin 1988 à l’Assemblée nationale, Michel Rocard justifie tout d’abord l’action menée face à l’urgence de la situation en Nouvelle Calédonie. Trois jours auparavant, le 26 juin 1988, a été signé, à l’hôtel Matignon, un accord sur l’avenir du territoire. Cet accord, qui sera approuvé par référendum le 6 novembre, prévoit un scrutin d’autodétermination en 1998. Michel Rocard annonce le 29 juin "la mise en place à Nouméa" d’un "cadre institutionnel nouveau" pour le 14 juillet 1989.

La "démocratie de tous les jours"

Devant les députés, Michel Rocard en appelle à l’approfondissement de la "démocratie de tous les jours", en évoquant par exemple la question de la formation, la santé, de la place des femmes et des personnes âgées dans la société, ou encore celle du "grand problème des villes".

Mesures sociales contre la pauvreté

Pour "réconcilier urbanité et urbanisme" par une série de mesures d’accompagnement social, le Premier ministre annonce ainsi "des travaux d’urgence dans les quartiers dégradés" et le "réaménagement de la dette des organismes HLM".

Michel Rocard appelle la création d’un "droit au revenu minimum d’insertion" (RMI), "innovation d’une portée considérable" qu’il compare à celle de la Sécurité sociale. Ce RMI sera financé, déclare-t-il par le rétablissement de l’impôt sur la fortune, "impôt de solidarité".

Une aide aux agriculteurs est également annoncée afin de leur permettre de s’adapter aux exigences de la politique agricole européenne.

Une gestion rigoureuse de l’économie s’impose

Si la solidarité nationale est au cœur de l’action annoncée, Michel Rocard appelle également "une maîtrise des dépenses publiques et sociales [...] au service de l’emploi". Le premier ministre souhaite réduire "le déficit prévisionnel du budget de l’Etat" de "15 milliards en 1989". Il annonce un soutien aux entreprises et l’incitation à la compétitivité des secteurs privé et public, par la mise en place d’un "projet d’entreprise".

Une France forte dans une Europe forte

Sur le terrain de la politique européenne, Michel Rocard, rappelle la préparation du "grand marché" à constituer au 1er janvier 1993. Il se dit "conscient des difficultés de l’harmonisation fiscale" mais plaide pour une Europe fondée sur "l’équilibre des avantages accordés" quelque soit le secteur d’activité économique. Du point de vue politique, économique et social, "la France ne sera forte que dans une Europe forte", conclut Michel Rocard.

La fin de mandat

Le 17 mai 1990, Michel Rocard démissionne de ses fonctions de Premier ministre. Edith Cresson, lui succède.



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