Interventions du Premier ministre
Imprimer cette page 26-02-2007 00:00

Discours lors de la rencontre avec des jeunes et des acteurs des centres Défense deuxième chance

Chers amis, avant toute chose, avec Michèle Alliot-Marie et Azouz Begag, je veux vous souhaiter, à chacune et chacun, la bienvenue, ici, à l’hôtel Matignon.

Et puis, mon premier mot sera de vous dire "bravo", parce que rien de tout cela n’était écrit.

Bravo d’abord à vous, les jeunes.

Je sais que pour vous, les choses n’ont pas toujours été faciles. Mais vous avez montré que vous étiez prêts à vous battre pour vous en sortir. Vous avez su saisir la main qui se tendait, vous avez su saisir la chance qui vous était donnée.

Aujourd’hui, les résultats sont là : vous avez appris des règles qui vous serviront tout au long de votre vie. Vous avez acquis des compétences solides qui seront un atout majeur pour trouver un emploi. Vous êtes désormais bien armés pour démarrer dans la vie et réaliser vos projets.

Ces résultats, ils montrent que c’est par le travail, par l’effort, par la volonté, par la solidarité aussi que l’on peut réussir.

Bravo aussi à tous ceux qui se sont engagés pour la réussite du projet "Défense deuxième chance".

Je salue en premier lieu l’action déterminée de Michèle Alliot-Marie et de Jean-Louis Borloo, et avec eux celle de tous les agents de l’Etat, qui se sont dépensés sans compter au service de ce projet.

Je remercie les élus, les collectivités territoriales dont la mobilisation et le soutien ont permis le développement des centres. Je n’oublie pas les missions locales qui connaissent les difficultés des jeunes et leur permettent de trouver leur voie.

Je veux aussi remercier tous les cadres et enseignants de l’Etablissement public d’insertion de la défense, au premier rang desquels Olivier Rochereau, son directeur. Avec professionnalisme et générosité, vous accompagnez les jeunes au jour le jour.

Merci enfin aux entrepreneurs qui participent à la formation de nos volontaires et leur offrent des débouchés professionnels.

Ce projet que vous faites vivre tous ensemble, il est essentiel pour notre société tout entière.

Car nous le savons, dans notre pays, tout le monde ne part pas avec les mêmes chances, ni même avec les mêmes atouts. Chaque année, sur 800 000 jeunes Françaises et Français qui participent à la journée d’appel et de préparation à la Défense, près de 60 000 ont quitté l’école sans diplôme ni qualifications. Pour tous ces jeunes, cela veut dire des difficultés pour obtenir un emploi, des difficultés pour trouver sa place dans la société.

Face à cette situation, la première réponse, c’est bien sûr de renforcer l’éducation et de permettre à chaque enfant de partir du bon pied. C’est ce que nous avons commencé à faire avec Gilles de Robien :

Avec les 249 collèges "ambition réussite", nous avons concentré les moyens dans les établissements où il y a le plus de difficulté.

Avec les équipes de réussite éducative, le tutorat, les classes relais, nous offrons un accompagnement personnalisé aux élèves pour mener chacun vers la réussite.

Mais au-delà de cette action, avec Azouz Begag et l’ensemble des ministres, nous sommes aussi convaincus que tout ne doit pas être joué à un moment donné de l’existence. Ce n’est pas parce que l’on a raté la première marche, qu’on doit voir tous les chemins et tous les horizons se fermer. L’égalité des chances, ce n’est pas seulement de donner à chacun la même opportunité sur la ligne de départ. C’est aussi de permettre de nouveaux départs. C’est aussi d’offrir de nouvelles chances.

Avec Défense deuxième chance, nous avons voulu apporter une réponse à tous ces jeunes à qui, jusqu’à présent, on ne proposait rien. Nous avons voulu leur donner une formation qui les mène directement à un emploi. Nous avons voulu aussi leur donner des règles, des repères qui sont indispensables pour construire sa vie.

Alors, c’est vrai, tout ceci n’était pas écrit, tout ceci n’était pas gagné d’avance. Il y avait au départ, je m’en souviens et Michèle Alliot-Marie aussi, beaucoup de sceptiques. Parce que Défense deuxième chance, c’était une vraie nouveauté. C’était une innovation qui allait à l’encontre de beaucoup de préjugés, de beaucoup d’habitudes. Et je sais d’ailleurs toute l’énergie qu’il a fallu à beaucoup d’entre vous pour faire vivre ce projet, pour dépasser les clivages et pour mettre en commun les compétences.

Mais aujourd’hui, nous pouvons mesurer le chemin parcouru et constater le succès : aujourd’hui, ce sont près de 2000 jeunes qui ont repris confiance en leurs capacités et en leur talent. Il y a déjà 20 centres "Défense deuxième chance" sur notre territoire. En juin, il y en aura 25.

Au-delà des chiffres, le vrai succès de Défense deuxième chance, c’est aussi d’engager un véritable changement des mentalités dans notre pays, et c’est peut-être là l’essentiel. Avec ce nouveau dispositif, nous montrons qu’il n’y a pas qu’une seule voie de réussite qui passerait par les filières générales et les grandes écoles. Nous montrons que partout en France, il y a des talents, il y a des énergies, il y a des personnalités, des tempéraments, et que tout cela, il faut le valoriser. Et c’est aussi pour cela que nous avons mis en place le "Service civil volontaire" à la demande du président de la République, Jacques Chirac.

Notre volonté, c’est de permettre à chaque jeune de s’engager au service de la collectivité. C’est de leur offrir toute une gamme de programmes qui leur permettront de le faire. Ce système, nous l’avons voulu le plus incitatif possible, pour permettre au maximum de jeunes d’en bénéficier.

A terme, avec « Défense deuxième chance », avec les "Cadets de la République", avec le "volontariat civil de prévention, de sécurité et de défense civile" et avec tous les "volontariats associatifs ou d’aide à la solidarité", ce seront près de 50 000 jeunes qui bénéficieront du service civil volontaire.

Chers amis,

Tous ici, vous nous offrez une formidable leçon d’espoir. Vous nous montrez qu’avec du courage, avec de la volonté, de la détermination, de la générosité, chacun peut reprendre pied et construire SON avenir, à la hauteur de ses ambitions et de ses talents.

Dans notre République, personne ne doit être laissé au bord du chemin. Ce n’est pas parce qu’on a connu un échec, ce n’est pas parce qu’on n’est pas parti tout de suite sur de bons rails, qu’on ne doit pas avoir sa chance. Nous devons être capable d’accompagne, d’aider ceux qui rencontrent le plus de difficultés. Nous devons être capables de proposer des solutions originales, adaptées aux difficultés et aux aspirations de chacun. C’est comme cela que nous construirons une société plus unie et plus solidaire. C’est comme cela que nous construirons une société de toutes les chances. Et puisque nous sommes à un moment important de notre vie nationale, à quelques semaines d’échéances importantes, nous avons là aussi une preuve que la politique peut faire avancer les choses. Vous savez, les hommes politiques, les femmes politiques, sont comme tout le monde : ils se posent des questions, ils s’interrogent sur le sens de leur mission, sur "à quoi ça sert ?". Mais je dois dire que, en ce qui me concerne, après tous les efforts de ces dernières années, je me dis en vous regardant "oui, la politique, cela vaut la peine ; oui, on peut parfois, un peu, changer la vie".

Merci.

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