Interventions du Premier ministre
Imprimer cette page 5-03-2007 19:05

Allocution sur la situation d’Airbus

J’ai fait le point ce matin de la situation du groupe Airbus avec Louis Gallois et Arnaud Lagardère. Je viens également de rencontrer, avec Michèle Alliot-Marie, Thierry Breton, Dominique Perben, Gérard Larcher et François Loos, les présidents de groupe parlementaire et des commissions économiques du Sénat et de l’Assemblée nationale pour faire le point sur l’évolution de la situation de la société. Airbus est une grande aventure européenne et nationale. Son avenir doit dépasser les clivages partisans.

1. Aujourd’hui, la société traverse une passe difficile.

Elle a pris du retard sur la livraison des A380. Elle doit aussi faire face à une parité euro-dollar particulièrement pénalisante ainsi qu’à la concurrence très rude avec Boeing.

Ces difficultés, l’entreprise les surmontera, j’en suis convaincu. Ses compétences ne sont pas en cause. Son savoir faire reste l’un des meilleurs au monde. Ses salariés ont le sens des responsabilités et sa direction sait où elle veut aller.

2. Face à cette crise, je veux le rappeler cet après-midi, l’Etat jouera tout son rôle.

En premier lieu, l’Etat veillera au respect du dialogue social et des droits des salariés. Le plan ne se traduira par aucun licenciement sec. Tous les grands sites du groupe ont un véritable avenir industriel. A ma demande, Louis Gallois s’est clairement engagé sur ces deux points. Le Gouvernement sera particulièrement vigilant à leur application.

Par ailleurs, l’Etat financera la recherche et l’innovation, qui sont les clés de l’avenir de la société. Aucune grande entreprise, aucune filière industrielle ne peut se battre seule dans la mondialisation. Dès novembre, nous avons mis en place un plan en faveur de l’aéronautique, d’Airbus et de l’ensemble des PME du secteur. J’ai débloqué la semaine dernière cent millions d’euros supplémentaires pour la filière "composites". Dans un mois, nous serons en mesure de valider les premiers projets. Ces financements profiteront notamment aux sites de Nantes, Saint-Nazaire ou Méaulte. Ils traduiront l’engagement concret de l’Etat en faveur de ces sites.

Enfin, je veux rappeler que l’Etat est prêt à participer, avec les autres actionnaires, à toute augmentation de capital qui sera jugée nécessaire par l’entreprise. L’enjeu, c’est le renforcement des fonds propres de l’entreprise. A ce titre, et en tant qu’actionnaire, l’Etat estime qu’il ne devrait pas y avoir de distribution de dividendes d’EADS cette année, afin de conforter la capacité d’investissement. La logique industrielle doit l’emporter sur la logique financière.

3. Au-delà de l’Etat, un certain nombre de régions ont exprimé publiquement leur souhait de soutenir directement l’entreprise.

Je me félicite de la mobilisation de ces grandes collectivités locales. Toutes les énergies doivent être rassemblées pour faire face à ces difficultés.

Je rencontrerai rapidement les présidents de région pour faire le point avec eux sur les modalités de leur aide à l’entreprise Airbus ainsi qu’à l’ensemble de la filière.

4. Mais n’oublions pas que c’est à l’entreprise elle-même qu’il revient d’apporter des réponses aux questions qui lui sont posées.

Comme toute grande entreprise industrielle, Airbus a une histoire. Les salariés d’Airbus également. Cette histoire, elle doit être prise en compte dans les décisions stratégiques de l’entreprise. Je connais l’attachement de Louis Gallois à la filière aéronautique française. Je lui fais toute confiance pour mener et conduire l’entreprise Airbus dans ces moments difficiles.

Tout le temps nécessaire au dialogue social doit être donné. Ce dialogue, il est d’autant plus important que les personnels d’Airbus sont profondément attachés à leur entreprise. Ils connaissent l’importance des défis à relever. J’ai pu mesurer, en me rendant à la Sogerma il y a quelques mois, leur sens des responsabilités. Je souhaite donc que puissent être mis en place de véritables lieux de concertation pour tous les grands sites d’Airbus, associant la direction, les représentants du personnel, et aussi les élus concernés par les restructurations. C’est la meilleure façon de répondre à l’inquiétude et aux incompréhensions que le plan Power 8 a pu susciter au sein des personnels, à Saint-Nazaire, à Méaulte, mais aussi à Toulouse.

5. Pour finir, vous me permettrez de vous faire part de quelques convictions.

Ma première conviction, c’est que la première responsabilité de l’Etat, c’est d’aider les grandes entreprises industrielles à franchir des caps technologiques pour rester au meilleur niveau mondial. J’ai déjà eu l’occasion de le dire : cela passe par l’innovation, les maîtrise des technologies d’avenir, une plus grande compétitivité de nos entreprises. Toutes nos forces doivent travailler dans ce sens.

Ma deuxième conviction, c’est qu’une entreprise européenne doit trouver des solutions européennes. Le succès d’Airbus doit profiter équitablement à tous les grands pays européens. Mais c’est notre force de trouver, entre Français, Allemands, Espagnols, Britanniques, dans ces moments particuliers, le sens de l’intérêt général européen. Ne cherchons pas à rejeter la faute sur les uns ou sur les autres. Trouvons la voie d’un véritable patriotisme économique européen.

Ma dernière conviction, c’est qu’Airbus souffre aujourd’hui d’une gouvernance trop complexe. Le pacte d’actionnaires protège aujourd’hui l’entreprise de toute prise de contrôle hostile. Mais la gouvernance doit être simplifiée pour relever plus efficacement les futurs défis industriels du groupe. Je souhaite qu’à l’occasion des prochaines grandes échéances de l’entreprise, cette question puisse être sereinement posée.

Enfin, dernier élément : l’information du Parlement sur un dossier essentiel dans la vie nationale. J’ai indiqué, lors de notre réunion, que j’étais tout à fait favorable à ce que la commission compétente des Affaires économiques de l’Assemblée nationale puisse se réunir et donner au vu des informations que lui apportera Louis Gallois ou Thierry Breton donner son sentiment sur cette situation. Je souhaite donc que le Parlement puisse avoir tous les éléments nécessaires à sa bonne information sur ce dossier difficile.

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