Interventions du Premier ministre
Imprimer cette page 9-06-2006 12:34

Allocution à Cadarache

Messieurs les ministres, cher Renaud, cher François,
Messieurs les présidents,
Mesdames, Messieurs les élus,
Monsieur le directeur général d’ITER,
Mesdames, Messieurs,

Je me réjouis d’être parmi vous aujourd’hui, ici, à Cadarache, sur cette terre provençale. Avec ITER, vous vous apprêtez à accueillir l’un des plus grands projets scientifiques de demain, un investissement de recherche de 10 milliards d’euros sur quarante ans. Bientôt des centaines de chercheurs, d’ingénieurs et de techniciens du monde entier viendront s’installer ici pour participer à cette formidable aventure. Une aventure qui s’étendra sur plusieurs générations et qui posera les jalons d’une nouvelle source d’énergie pour l’avenir. C’est un honneur pour notre pays d’avoir été choisi pour accueillir ce projet. C’est aussi la preuve que lorsqu’il y a de la volonté, de l’énergie et de la détermination, la France est capable du meilleur. C’est bien la voie que nous a tracée le Président de la République, qui s’est particulièrement investi pour obtenir ce résultat.

1. Ensemble, nous devons être à la hauteur de la confiance que nous ont accordée nos partenaires pour tenir les promesses de Cadarache.

Je sais que vous vous êtes déjà beaucoup mobilisés. Je tiens à vous en féliciter. Je me réjouis de constater que tout est fait pour que les engagements internationaux de la France soient tenus. De nombreux dossiers sont désormais en bonne voie, notamment les aménagements routiers et l’école internationale.

Cette mobilisation, nous devons la poursuivre, dans le dialogue et la concertation. Un projet comme ITER exige l’engagement de chacun. Il ne peut aboutir sans l’adhésion des Français, et en particulier des élus, comme des habitants de la région. Ces habitants, nous devons en permanence les associer aux décisions qui sont prises et leur donner la possibilité d’exprimer leurs attentes.

Le débat public qui s’est achevé récemment est une avancée importante. Il a permis de nouer les fils d’un dialogue nécessaire.

Je souhaite que ce dialogue se poursuive tout au long du projet ITER. L’enjeu est considérable : si nous voulons relever les défis de l’avenir, nous devons resserrer les liens entre la science et la société. Nous devons expliquer à nos concitoyens les enjeux de la recherche scientifique, évaluer en toute transparence les risques et faire ensemble des choix. C’est tout le sens du débat national sur les nanotechnologies que vont lancer, à ma demande, François GOULARD et François LOOS.

2. Les promesses de Cadarache, nous devons également les tenir pour encourager le dynamisme de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur.

Grâce à ITER, le dynamisme de l’économie provençale prend une nouvelle dimension. D’abord, ITER est une chance pour nos entreprises. Pour saisir cette opportunité, chacune d’entre elles doit se mobiliser. Dans les prochaines semaines, François LOOS installera un comité industriel composé des 50 grandes entreprises françaises qui sont appelées à jouer un rôle de premier plan dans la construction d’ITER. Je souhaite qu’elles puissent constituer un réseau de sous-traitance solide, notamment à partir du potentiel régional.

ITER est aussi un atout pour le développement de votre région.

Mener à bien ce projet, cela suppose de construire des logements, d’améliorer les transports, d’encourager l’emploi et de développer la formation professionnelle. Tout cela fera de Cadarache, du Pays d’Aix et de PACA un territoire encore plus attractif.

Pour relever ce défi, l’Etat sera à vos côtés. J’adresserai dans quelques semaines à l’ensemble des Préfets de région leur mandat de négociation pour l’élaboration des nouveaux contrats de projets entre l’Etat et les régions. Dans ce cadre, je demanderai au Préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur de réserver à ITER une place particulière. J’examinerai ses propositions avec la plus grande attention.

3. ITER est au cœur de la stratégie énergétique que nous voulons mettre en œuvre dans notre pays.

Face à l’épuisement inéluctable des ressources pétrolières, face au réchauffement climatique, nous devons aujourd’hui modifier nos comportements et développer des alternatives au pétrole. La politique énergétique que mon gouvernement veut construire répond à trois exigences : le coût, la sécurité d’approvisionnement et l’environnement.

Le coût, d’abord. L’énergie la moins chère possible pour tous les Français, c’est une priorité du gouvernement, à un moment où le prix du pétrole s’accroît fortement. Aujourd’hui, se chauffer, se déplacer, cela pèse de plus en plus lourd dans le budget des ménages. C’est une charge à laquelle beaucoup de nos concitoyens ont de plus en plus de mal à faire face. Pour répondre à ces difficultés, nous avons pris des mesures fortes.

Il n’y aura pas de hausse du prix du gaz jusqu’en juillet 2007.

En ce qui concerne l’électricité, EDF s’est engagé à ne pas augmenter ses tarifs au-delà de l’inflation pour les cinq prochaines années.

Enfin, vous le savez, l’ouverture des marchés de l’énergie est en cours. Les entreprises, et plus généralement les Français s’interrogent sur les conséquences de cette évolution.

Je souhaite que les ménages qui le souhaitent puissent continuer à bénéficier des tarifs réglementés. Cela constituera une protection efficace contre l’envolée des prix de l’énergie.

Je veux également que soit mis en place un véritable tarif social du gaz, sur le modèle du tarif social de l’électricité.

Enfin, je sais qu’il existe un problème particulier pour les entreprises qui ont opté pour le marché libre des prix de l’énergie. Pendant quelques années, elles ont bénéficié de tarifs avantageux. Mais aujourd’hui, elles sont confrontées à des hausses brutales qui pèsent sur leur compétitivité. François LOOS a réuni les principaux producteurs d’électricité. Ils se sont engagés à mener une politique commerciale adaptée. C’est un premier pas, mais je souhaite que tous ensemble, nous trouvions de nouvelles solutions.

La deuxième exigence, c’est de garantir l’indépendance et la sécurité d’approvisionnement.

Cette indépendance, elle passe par des grands champions industriels. C’est pourquoi je suis déterminé à avancer dans le projet entre Gaz de France et Suez. Le gouvernement a engagé une concertation approfondie avec les syndicats sur ce sujet. En faisant émerger le premier acheteur européen de gaz, ce projet permettra de s’approvisionner à moindre coût et dans des conditions plus sûres sur les marchés mondiaux. Cela profitera à tous les Français et leur permettra aussi de réduire leur facture de gaz.

Nous continuerons à mener une politique ambitieuse en matière nucléaire.

ITER est un élément essentiel de cette stratégie. Si nous réussissons le pari d’ITER, si nous parvenons à domestiquer l’énergie des étoiles, nous disposerons à l’aube du siècle prochain d’une énergie quasi inépuisable, propre et sans danger pour le climat. C’est une perspective formidable, mais qui nécessite bien sûr de longues recherches.

En même temps que le lancement du premier réacteur EPR en France, nous allons engager avec le Commissariat à l’Energie Atomique le développement d’un prototype de réacteur de fission de quatrième génération. Ce réacteur, qui prendra la suite de l’EPR, permettra de préparer l’arrivée des réacteurs à fusion issus d’ITER. Le CEA et les acteurs industriels sont d’ores et déjà au travail pour étudier les différentes options possibles. Des décisions seront prises à l’automne dans le cadre d’un comité à l’énergie atomique que je présiderai.

Vous le voyez, l’indépendance énergétique, c’est de ne pas mettre tous nos œufs dans le même panier, c’est de diversifier nos sources d’énergie.

Cette diversification, elle nous permettra en même temps de répondre à notre troisième exigence : protéger l’environnement. Nous ne pouvons plus nous permettre d’épuiser sans vergogne les ressources de la planète. Nos concitoyens attendent une politique énergétique responsable, plus respectueuse de l’environnement, de la santé publique et du cadre de vie. Pour cela nous devons bien sûr encourager les économies d’énergie. Mais nous devons aussi développer les énergies propres.

C’est le sens de l’effort que fait le gouvernement en faveur des biocarburants, avec 2 milliards d’euros d’investissements à brève échéance. Nous voulons mettre en place un réseau de pompes vertes qui couvre l’ensemble du territoire d’ici 2010. Dans ce domaine, nous voulons faire de la France un leader.

Nous avons également donné une impulsion décisive au développement du solaire photovoltaïque. En doublant les tarifs de rachat de cette électricité verte, nous permettons aux Français de s’équiper rapidement, nous développons les énergies renouvelables en France, et nous contribuons à la création de 4.000 emplois.

L’énergie est au cœur des préoccupations des Français. Elle est au centre de l’action du gouvernement. Les enjeux sont considérables. C’est pourquoi j’ai voulu qu’un véritable débat ait lieu au Parlement dans les prochains jours sur ces questions. Je souhaite que ces grandes orientations sur l’énergie puissent être inscrites dans un projet de loi.

*

4. Cadarache apporte aussi la preuve que la France est plus que jamais une terre d’innovation.

Depuis un an, nous menons une politique ambitieuse dans ce domaine en investissant des moyens considérables.

Rien que dans le cadre d’ITER, ce seront 925 millions d’euros qui seront investis par la France pendant les dix prochaines années.

Et nous investissons également dans tous les autres secteurs de la recherche. A ce sujet, je veux seulement rappeler deux chiffres : 2 milliards d’euros pour l’Agence de l’Innovation Industrielle, comme l’a souhaité le Président de la République ; 6 milliards d’euros supplémentaire pour le système national de recherche et d’innovation sur la seule période 2005-2007.

Cet effort, nous voulons l’inscrire sur le long terme. C’est pour cela que la loi sur la recherche prévoit une programmation des moyens jusqu’en 2010. Vous le voyez, notre détermination à investir dans les sciences et les technologies n’a jamais été aussi forte.

Pour gagner le pari de la recherche et de l’innovation, nous devons rassembler nos forces. Jamais nous ne sommes plus efficaces que lorsque nous savons fédérer nos énergies vers un objectif commun, mettre en réseau les compétences et les talents.

Nous le voyons ici, à Cadarache : c’est cet esprit collectif qui a permis à votre candidature de l’emporter pour l’accueil d’ITER.

Nous le voyons aussi à Toulouse, qui a su se mobiliser pour attirer le siège de Galiléo.

Nous le voyons enfin à travers toute la France, avec les 66 pôles de compétitivité qui donneront un nouvel élan au dynamisme de notre pays. En PACA, ce sont 9 pôles qui ont été labellisés, dont un à vocation mondiale.

Cette logique, c’est aussi celle des Réseaux Thématiques de Recherche Avancée, que nous avons créés récemment grâce à la loi sur la recherche.

L’appel à projets est ouvert depuis le 23 mai.

Une enveloppe de 300 millions d’euros leur a été réservée, ainsi qu’aux Pôles de Recherche et d’Enseignement Supérieur.

Quand je dis rassembler nos forces, je ne pense pas qu’à la France. Je pense aussi à tous les pays d’Europe ou d’ailleurs, avec lesquels nous travaillons pour mettre en commun nos savoirs et nos compétences. ITER est une avancée pour la France et pour l’Europe. C’est aussi une avancée pour tous les pays qui participent à ce grand projet scientifique. Je pense en particulier au Japon. C’est pour moi une grande joie de savoir qu’ITER sera dirigé par Monsieur IKEDA, que je salue. C’est l’une des meilleures illustrations de cette science mondiale qui concentre ses capacités dans un lieu pour tirer le meilleur de nos savoirs.

Mesdames, Messieurs,

ITER est le symbole de ce que nous sommes capable d’accomplir lorsque nous nous rassemblons. Oui, nous pouvons être fiers d’accueillir ce formidable projet, nous pouvons être fiers de porter ensemble cette ambition pour la France et pour le monde. Dans cette aventure, l’Etat sera à vos côtés. A nous de rester mobilisés pour relever le défi de l’énergie de demain.

Je vous remercie.

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