Interventions du Premier ministre
Imprimer cette page 11-05-2007 18:40

Rencontre informelle avec la presse

Mesdames, Messieurs, Chers amis,

Je suis très heureux de vous recevoir ici à l’Hôtel Matignon. Vous le savez, j’avais pris l’engagement dans ma déclaration de politique générale de rendre compte chaque mois de l’action du Gouvernement : cet engagement a été tenu dans les périodes difficiles et jusqu’au dernier jour. Je crois que l’engagement politique exige la transparence et la responsabilité et nous sommes comptables chaque jour devant les Français des progrès, des difficultés ou des succès du pays.

Aujourd’hui, je voudrais vous accueillir de manière plus informelle et avoir un moment d’échange direct avec vous.

Je voudrais d’abord vous dire comment j’ai conçu ma mission au service des Français.

D’abord je me suis fixé un objectif : l’action et les résultats.

Le président de la République m’a nommé à Matignon à un moment difficile pour notre pays, un moment où les Français avaient perdu confiance dans la politique.

En m’attaquant au chômage, en faisant de la bataille pour l’emploi la priorité de mon Gouvernement, j’ai voulu apporter la preuve que la politique peut changer les choses, qu’elle peut obtenir des résultats, qu’elle peut améliorer la vie des citoyens.

Aujourd’hui le chômage est à son taux le plus bas depuis 25 ans. Nous l’avons fait baisser de deux points en deux ans, alors que la Grande-Bretagne, en dix ans a réussi à le faire baisser de trois points. Ces résultats, je ne les vois pas comme une satisfaction personnelle, mais comme une preuve qu’il n’y a aucune fatalité.

Le souci de l’action et des résultats est d’autant plus important que le quinquennat a considérablement accéléré le rythme de la vie publique.

Les Français nous jugent à notre capacité à apporter des réponses rapides à leurs problèmes. C’est vrai face aux crises les plus urgentes, je pense par exemple aux crises sanitaires. Mais ils entendent aussi que nous nous attaquions aux blocages les plus profonds de la société.

C’est ce que j’ai voulu faire en proposant le CPE pour remédier au chômage des jeunes les moins qualifiés. C’était, et cela reste à mes yeux, un chantier essentiel qui ne doit pas être sans cesse remis à plus tard. J’ai voulu aller vite, trop vite peut-être. Mais je reste convaincu que nous avons mis le doigt sur l’un des principaux blocages de notre société.

Tout au long de ces deux années, j’ai voulu appliquer une méthode simple : le pragmatisme. Je n’ai pas voulu m’enfermer dans une idéologique quelconque, tout simplement parce que je pense que ce n’est pas la meilleure façon d’apporter des solutions aux problèmes des Français.

Pour faire baisser le chômage, nous avons mis en place de nouveaux outils comme le contrat nouvelles embauches pour débloquer l’emploi marchand dans les très petites entreprises. Mais nous avons aussi voulu apporter une solution à ceux qui étaient le plus éloignés de l’emploi en renforçant les emplois aidés.

C’est aussi par refus des barrières idéologiques que j’ai voulu investir des champs d’action qui ne sont pas traditionnellement ceux de ma famille politique. La lutte contre les discriminations, la réforme de l’éducation prioritaire, la situation des quartiers sensibles, le logement social ce sont autant de questions sur lesquelles j’ai voulu mettre l’accent parce que je suis convaincu qu’elles ne doivent pas être réservées à la gauche. Au contraire, je pense que nous sommes aujourd’hui les seuls capables d’apporter des réponses nouvelles, inventives et efficaces.

Il ne m’appartient pas de porter un jugement sur le bilan du Gouvernement. Je tiens néanmoins à saluer chaque membre du gouvernement pour le travail remarquable qu’il a accompli au service de la France et des Français. Et je veux croire que nos efforts ont remis notre pays en mouvement, sous la pulsion et sous l’égide du président de la République Jacques Chirac.

Les Français ont un regard nouveau sur les grands enjeux économiques et sociaux. Ils savent que notre pays a des atouts considérables pour faire face à la mondialisation. Ils ont conscience des réservoirs d’énergie, de talent et de dynamisme dont dispose la France pour être l’une des toutes premières puissances économiques au monde. Mais ils savent aussi que pour que ces forces puissent s’exprimer, elles doivent s’appuyer sur les piliers fondamentaux :

La croissance d’abord. En deux ans, la situation économique de notre pays s’est considérablement améliorée. Comme vous le savez, la Commission européenne a revu à la hausse ses prévisions de croissance pour la France. Avec un rythme de 2,4% nous nous situons dans la moyenne des grands pays européens. Notre production industrielle augmente. Tout indique que notre pays est en phase avec la reprise économique que connaît l’Europe.

Dans le domaine de l’emploi ensuite, nous avons montré que le bon choix pour faire reculer le chômage c’est d’encourager l’activité, de faciliter l’embauche, d’améliorer le suivi de la recherche de l’emploi et non de diviser le travail. Là encore, si nous sommes capables de poursuivre nos efforts, notre pays devrait passer bientôt sous la barre des 8% de taux de chômage.

Enfin, les Français ont compris l’importance de la politique de désendettement que nous avons engagée. Ils savent que c’est la condition pour construire une économie saine et un pacte social durable.

La victoire de Nicolas Sarkozy nous offre la possibilité d’accélérer la modernisation de notre pays, qui a été menée depuis 5 ans sous la conduite du président de la République Jacques Chirac.

Dans ce contexte, et compte tenu du peu de temps que nos règles constitutionnelles accordent aux nouvelles équipes qui vont se mettre en place, j’ai souhaité organiser une véritable transmission républicaine.

Pour faciliter la tâche à nos successeurs, j’ai préparé, avec l’ensemble du Gouvernement, un état des lieux précis de l’action accomplie, des réformes en cours, ainsi que des priorités pour la nation.

Les nouvelles équipes seront ainsi informées dès leur arrivée des grands rendez-vous, je pense en particulier aux grandes échéances internationales : réunion du Conseil européens des prochains 21 et 22 juin pour décider de l’avenir du Traité constitutionnel, échéance du 1er juillet 2007 dans les négociations de l’OMC notamment concernant les négociations entre l’Europe et les Etats-Unis, ou encore la préparation de la présidence Française de l’Union européenne.

Elles disposeront également, ces nouvelles équipes, de toute l’information nécessaire sur les grands dossiers industriels qui intéressent particulièrement les Français.

Enfin, depuis plusieurs jours, Nicolas Sarkozy est tenu informé des réunions quotidiennes à Matignon concernant la situation de l’otage français prisonnier en Afghanistan.

Pour toutes ces raisons, je souhaite que nous ne perdions pas un seul jour dans l’action au service de nos compatriotes.

Je l’ai dit, je suis heureux d’avoir pu mener l’action gouvernementale jusqu’au dernier jour. C’était la mission que m’avait confiée le président de la République. Pour la première fois depuis trente ans, les Français ont choisi de reconduire une majorité politique sur la base d’un bilan concret, un bilan visible.

C’est une chance pour notre pays, qui va pouvoir poursuivre son effort de modernisation sans retour inutile en arrière, sans remise en cause des progrès accomplis.

J’y vois aussi la preuve d’un renouveau démocratique de la France, qui a rejeté les extrêmes, qui a voté massivement, qui s’est passionné pour le débat politique et qui a fait un choix clair en connaissance de cause.

Pour conclure vous me permettrez de me réjouir des relations que nous avons entretenues tout au long de ces deux années. Je tiens également à saluer le travail effectué par chacune et chacun d’entre vous durant cette campagne électorale. Vous avez aidé à clarifier les enjeux, à tirer le débat vers le haut, à mettre en évidence les différents choix de société qui étaient proposés.

Je vous souhaite à chacune et à chacun un très bon courage pour les mois qui viennent et qui seront, j’en suis convaincu, particulièrement riches et intéressants. J’espère vous revoir bientôt dans d’autres lieux, pour d’autres événements, autour d’autres causes.

Puis une petite note personnelle, comme vous le savez, la première tâche du Premier ministre quand il arrive, c’est de faire un test d’effort parce que la santé çà compte à Matignon. Je viens de faire ce matin le dernier test d’effort, voilà, et la machine a sauté. Bonne nouvelle : je pourrais reprendre l’entraînement des 100 km et préparer un prochain marathon.

Je vous remercie.

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